L’intelligence émotionnelle au service de l’efficacité d’un groupe

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Des études(*) menées auprès de groupes expérimentaux ont montré que les groupes réunissant des styles cognitifs variés sont plus efficaces que ceux dont les personnalités sont trop semblables.
En analysant plus en détail les résultats obtenus, on constate que les groupes les plus intelligents se caractérisent par de nombreux tours de parole (ce facteur présente la plus forte corrélation avec l’intelligence collective): les équipes résolvent mieux les problèmes lorsque leurs membres peuvent s’exprimer à tour de rôle de manière distribuée et équitable, pratiquant une communication dite décentralisée, que lorsque la discussion est dominée par une ou deux personnes selon une communication centralisée.

Une bonne connaissance des compétences des uns par les autres prédit aussi la réussite des équipes. Cela permet une meilleure spécialisation dans les tâches (les individus peuvent se concentrer sur un secteur précis, sachant quels domaines seront pris en charge par leurs collègues), de mieux coordonner leurs activités (du fait qu’ils savent qui fait quoi, ils peuvent aussi s’arranger pour le faire dans un ordre logique et concerté) et d’avoir une plus grande confiance dans les compétences de leurs partenaires.

Il a été aussi démontré que les membres pivots des équipes ayant une personnalité assertive (ce qui est aussi une composante de l’extraversion) ont des aptitudes à communiquer de manière efficace et à partager leurs idées, ce qui facilite le partage des informations et des connaissances au sein des équipes.

En ligne (internet) comme en face-à-face, l’intelligence collective reposerait en grande partie sur la faculté à déchiffrer les émotions d’autrui. L’intelligence collective d’un groupe est ainsi plus liée aux capacités émotionnelles de ses membres qu’à leur QI.

Les recherches en psychologie sociale ont d’ores et déjà identifié un certain nombre de clés favorisant l’intelligence des groupes : petites équipes rassemblant des profils variés, tours de paroles fréquents et distribués, bonnes capacités d’intelligence émotionnelle, « culture » du groupe permettant à chacun de savoir quelles sont les compétences des autres, présence de femmes dans les équipes ou encore espace de communication informelle sur les lieux de travail.

Tout bon leader de groupe devrait avoir en tête que la synergie d’un groupe intelligent ne se décrète pas mais émerge quand un certain nombre de conditions sont réunies.

(*) Source : Cerveau et Psycho – « Quand l’intelligence vient aux groupes » – Estelle Michinov, professeure de psychologie sociale à l’université de Rennes 2.

 

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